Mais qui est-il ?

Mon contact à Washington me dit qu’on n’a pas affaire à un élève mais qu’on a affaire au professeur. Quand l’armée monte une opération qui ne doit pas échouer, c’est à lui qu’ils font appel pour entraîner les troupes, d’accord ? C’est le genre de type qui boirait un bidon d’essence pour pouvoir pisser sur ton feu de camp. Ce mec-là, tu le largues au Pôle Nord, sur la banquise avec un slip de bain pour tout vêtement, sans une brosse à dent, et demain matin tu le vois débarquer au bord de ta piscine avec un sourire jusqu’aux oreilles et les poches bourrées de pesos. Ce type-là est un professionnel.

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lundi 20 août 2007

Neige en août, paté en croûte

Pas besoin de vous le rappeler puisque vous êtes bien autant au courant que moi, mais c’est un été bien dégueulasse que nous traversons, ma bonne dame, preuve s’il en fallait encore que la main de l’homme a filé un bon coup de pied à l’équilibre écologique de la Terre et que le futur, s’il peut encore y en avoir un, sera l’affaire d’un changement dans les mentalités de chacun d’entre nous. Sauf de moi, ça fait des années que je manifeste mon soutien à Nicolas Hulot en achetant ses shampooings Ushuaia, j’ai la conscience tranquille.

Toutefois, en attendant que le genre humain donne le coup de grâce à notre chère planète bleue maronnasse, d’évidents problèmes d’importance critique se posent : que faire donc le week-end quand on est coincé chez soi en couple alors que la pluie têtue ne fait rien qu’à frapper aux carreaux même si elle sait pertinemment qu’on ne lui ouvrira de toutes façons pas et que les températures ne dépassent pas les 5 ou 6 béries, une unité de mesure très en vogue à Vladivostok ? A quoi passer son temps, à part copuler frénétiquement, évidemment, ce qui laisse bien deux ou trois heures de libre sur les deux jours quand, au-delà du septième ciel, la Femme et ses seins se lassent enfin de tutoyer dieu et ses saints aussi ?

Nous avons trouvé : après avoir joué au docteur, nous jouons à l’esthéticienne. Faisant fi de milliers d’années d’évolution virile de la condition masculine, celle qui sent la sueur, le rire gras et la claque dans le dos, faisant une croix définitive sur le concept même du mâle dominant débordant de testostérone et rotant sa bière, et posant un mouchoir sur la fierté traditionnelle du sexe dit fort élevé à la guerre et aux carnages en tout genre, je m’abandonne donc une nouvelle fois entre ses mains, mais d’une façon différente cette fois-ci.

C’est donc avec une lueur gourmande dans l’œil que la Femme saisit une pince à épiler et s’approche de ma pilosité de son pas léger que seul un corps athlétique tel que le sien permet de maîtriser. Elle est contente, elle n'a jamais eu de si grosses poupées. Même si je porte la barbe (en hommage à Nitchez… à Nietzech.. à Niztesche.. à Corbier*), je ne suis pas très velu. La première étape est de me mettre hors d’atteinte du syndrome dit d’Emmanuel Chain en arrachant les poils naissant entre mes sourcils, puis d’éradiquer les quelques poils esseulés sur mon dos.

Premier constat : j’ai, paraît-il, le bulbe obèse, nourri par de nombreuses années de friche, ça fait donc un mal de chien. Mais vraiment, hein. C’est les dents serrées que j’affronte courageusement les premiers arrachages sauvages, me tenant droit et bombant le torse face à cette douleur épouvantable, malgré les larmes de sang qui me montent aux yeux. Pour les derniers, la Femme devra user de subtils stratagèmes à base de faveurs sexuelles que j’attends toujours pour me faire sortir de sous le canapé.

La suite sera plus douce, dieu merci. Au menu : masque à l’argile rose pour désincruster les pores, gommage à la papaye pour ôter les peaux mortes suivi d’une crème hydratante au même parfum. A la fin de la séance, je décide de flatuler bruyamment pour me rassurer sur ma masculinité en danger.

Et c'est quand je pense que tout est enfin fini que je remarque une odeur étrange, comme si quelqu'un faisait bouillonner de la cire, ainsi qu'un rictus sadique sur le normalement si doux visage de la Femme...

To be continued.

*Oui chère Jerry, je sais que Nietzsche ne portait en fait que la moustache mais tout le monde sait écrire Platon, même moi, la blague n’aurait donc pas été crédible.

- Posté à 09:42 -
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