Mais qui est-il ?

Mon contact à Washington me dit qu’on n’a pas affaire à un élève mais qu’on a affaire au professeur. Quand l’armée monte une opération qui ne doit pas échouer, c’est à lui qu’ils font appel pour entraîner les troupes, d’accord ? C’est le genre de type qui boirait un bidon d’essence pour pouvoir pisser sur ton feu de camp. Ce mec-là, tu le largues au Pôle Nord, sur la banquise avec un slip de bain pour tout vêtement, sans une brosse à dent, et demain matin tu le vois débarquer au bord de ta piscine avec un sourire jusqu’aux oreilles et les poches bourrées de pesos. Ce type-là est un professionnel.

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mardi 30 octobre 2007

Tenez, mon brave

Alors que je finissais de trier et de ranger tout ce que j’ai pu amasser ces 10 dernières années pour éviter d’avoir à les déménager, je suis tombé sur… le vide-poche. Vous savez, le truc qui trône dans l’entrée de chez vous et qui finit invariablement par déborder d’une multitude de petits objets d’aucune utilité mais qu’on n’a pas trop envie de jeter parce qu’ « on ne sait jamais » : un coupon de fidélité d’une pizzeria où vous ne retournerez jamais, une clé inconnue ouvrant une porte inconnue ou un jouet Kinder.

Dans mon vide-poche à moi, je rassemble toutes les pièces inférieures à 10 cents, celles en cuivre, qui laissent une odeur désagréable sur les doigts, qui encombrent mes poches et qui finissent par tinter à chaque pas contre mes clés, me donnant l’impression d’être un bouffon du 16ième siècle avec ses grelots. Vous voyez, le monde se divise en deux catégories : ceux qui paient en très petite monnaie et ceux qui sont payés en très petite monnaie. Je fais sans l’ombre d’un doute partie de la seconde, ne disant rien quand on me rend une poignée de pièces dégueulasses alors je viens de tendre un billet tout propre et n’osant en même temps jamais les refourguer ensuite.

Sauf qu’au bout d’un moment, par exemple à la veille d’un déménagement, il faut bien en faire quelque chose, de ce demi-kilo de pièces et j’ai beau faire attention, je n’ai pas encore croisé David Douillet pour les lui refiler.

Prenant une posture d’intense réflexion (cf schéma 5 page 12) en regardant par la fenêtre, mon regard tombe sur la jolie église, élément central de la vue. Et je me décidais alors à en faire don à ce charmant édifice. Je vois d’ici les anti-cléricaux primaires brandir leurs fourches pleines de vices, mais hé ho du calme, les mécréants. Croyant seulement en les mathématiques, la physique et la biologie, je n’en reste pas moins, excuse-moi, sensible à une belle pièce d’architecture.

Je profite donc d’une pause entre deux cartons pour me diriger vers le clocher avec mon vide-poche sous le bras, dans le but de remplir le premier tronc venu. Mais dans l’encadrement de la grande porte en bois, comptant aveuglement sur la légendaire charité chrétienne, était tendue la main pas très bien manucurée d’un clodo visiblement longue durée courbé contre le vent glacial. C’est sans réfléchir que je lui cède le magot, à sa grande joie qu’il conservera au moins jusqu’à avoir compté que, malgré le volume, il n’y avait que 2,47€.

Quitte à financer les penchants alcooliques de quelqu’un, autant que ce soit pour de la piquette en tétrapack plutôt que pour du vin de messe.

- Posté à 12:48 -
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