Mais qui est-il ?

Mon contact à Washington me dit qu’on n’a pas affaire à un élève mais qu’on a affaire au professeur. Quand l’armée monte une opération qui ne doit pas échouer, c’est à lui qu’ils font appel pour entraîner les troupes, d’accord ? C’est le genre de type qui boirait un bidon d’essence pour pouvoir pisser sur ton feu de camp. Ce mec-là, tu le largues au Pôle Nord, sur la banquise avec un slip de bain pour tout vêtement, sans une brosse à dent, et demain matin tu le vois débarquer au bord de ta piscine avec un sourire jusqu’aux oreilles et les poches bourrées de pesos. Ce type-là est un professionnel.

Amis

Achiméo
Gauthier
7h48
Grenouille
Chipolata
La Rouquine
Maliki
Parking sur cour
Raphy Superstar
Dragueurs à la noix

Articles récents

Médecins, mes deux fesses
Le garçon d'à côté
Tenez, mon brave
Quand j’étais petit, j’étais un jedi
Shakespeare in love
Tri marrant ? Pas vraiment
Le péril très jeune
Rage dedans
Vestiaire, T-shirt demain
Paris gagné

Archives

juillet 2007
août 2007
septembre 2007
octobre 2007
novembre 2007
janvier 2008
février 2008
mars 2008
août 2008
septembre 2008
avril 2009
juin 2009



lundi 12 novembre 2007

Et les manteaux, chères loques

Il y a déjà deux semaines, j’étais là, à un coin de rue, sous l’enseigne de la Croix Rouge, écarlate et transpirant à grosses gouttes, en train de tenter de reprendre ma respiration devant pas moins de sept sacs poubelle de 100 litres. C’était le résultat du tri acharné de mes vêtements accumulés depuis de nombreuses années, une campagne sans pitié orchestré par la Femme, une main de fer dans un gant de cuir.

On pouvait ainsi y retrouver des pulls au col étiré par ma grosse tête, des pantalons neufs que, optimiste, je pensais pouvoir enfiler en retenant ma respiration et en serrant les fesses, des chemises aux couleurs chamarrées qui faisait de moi la star de la Tchounga de la Baule en 1989 en plein set « Pump up the jam » de Technotronic et des T-shirts Quiksilver, Gotcha ou Rip Curl, vestiges de ma période surfeur fun et bigarré.

Seulement voilà, j’ai certes de la place dans mes armoires maintenant, mais étant donné que la bise est venue, je me trouve bien dépourvu. Qu’à cela ne tienne, il est temps de réaliser le second fantasme de la Femme après effectuer le nettoyage par le vide de mes loques risibles : jouer à Pretty Woman. Avec évidemment moi dans le rôle de Julia Roberts et la Femme dans celui de Richard Gere, ce qui mérite un certain travail d’imagination pour le visualiser, n’étant ni roux ni doté d’une bouche pouvant servir à piéger des loups sibériens adultes pour ma part et elle ayant bien plus d’expressions à son répertoire et accessoirement, deux seins.

Comme c’est moi qui paye, on va plutôt chez Zara que chez Kiabi et la Femme décide de déguiser son homme en adulte. Personnellement, je n’ai rien contre, je suis tout à fait conscient de mon absence total de goût en matière de style vestimentaire. Il était normalement convenu que nous nous limiterions à une veste. Dehors le blouson à capuche et à la poubelle l’anorak de snowboarder, madame veut de la classe urbaine : son choix se portera sur un manteau gris chiné ¾ cintré qui lui fera briller ses yeux magnifiques une fois sur mon dos. J’ai l’impression d’être en robe de chambre mais comment résister à ce regard ?

« Et sinon, tu ne veux pas essayer une chemise et un pull ? J’en ai vu des chouettes » poursuit-elle avec un sourire innocent, donc de composition.

Piégé. En moins de temps qu’il ne faut pour dire « découvert bancaire », j’ai déjà enfilé la chemise rouge sombre et le pull noir à col en V qu’elle cachait derrière son dos. Et soyons objectif, ça me va plutôt bien, même si j’ai du mal à reconnaître ce beau gosse dans le miroir. Je me sens déguisé c’est vrai, je ne me reconnais pas tout à fait dans ce reflet, c’est vrai aussi, et Elle est bien plus enthousiaste que moi. Mais j’aime être sa chose, sa poupée, j’aime qu’elle me façonne, j’aime être ce qu’elle veut que je sois.

« Tu verras ce soir, tout le monde va être sur le cul, t’es trop beau » me dit-elle un sourire jusqu’aux oreilles en se cramponnant à mon bras comme je l’aime tant, alors que nous sortons du magasin. Ce soir-là en question, c’était la pendaison de crémaillère de Gauthier, qui après avoir ravagé le 11ième arrondissement, avait décidé de se poser cette fois-ci, tel un nuage de criquets boulimiques, à Montrouge. Banlieusards, vous n’êtes plus à l’abri.

Toujours est-il que la seule remarque dont je ferai l’objet durant cette soirée au demeurant fort agréable sera « Hey dis donc, rouge et noir, tu es assorti à la couleur de la tapisserie toute neuve, hahaha ! ».

Heureusement que j’ai gardé le ticket de caisse.

- Posté à 14:41 -
3 Commentaire(s)

Permalien