Et bien oui, piece of cake, comme ce tueur de suspense de MonsieurF l’a lâchement dévoilé dans les commentaire, nous avons trouvé le soir même l’appartement de nos rêves. Oui, déjà, je ne vous le fais pas dire.
C’est bien simple, il coche quasiment toutes les cases du tableau que nous nous étions faits et que j’ai énuméré ci-dessous. Quasiment ? D’accord, on devra faire sans le lave-vaisselle, à mon grand désespoir puisque cette corvée détestable me revient, et que je dois la réaliser nu sous un tablier comme la Femme me l’impose. Et il est orienté plein est. Mais voilà les deux seules concessions que nous devrons faire. Mieux que ça, il comprend de plus un box fermé pour mon bolide et la cuisine est déjà équipée d’un grand frigo, d’une cuisinière et de plaques à gaz. Bon, il faudra faire avec un loyer supérieur de 35€ à ce que nous voulions mettre au maximum, mais l’appartement se libère seulement sept jours avant la fin de nos préavis. Comment ? Que dites vous ? Nous avons les miches bordées de tagliatelles au pesto ? Certes.
Mais bien sûr, tout ne s’est pas fait aussi facilement. A peine la porte d’entrée franchie, nous savions,
la Femme et moi, que c’était l’Appartement avec un grand A. Après un rapide tour du propriétaire qui nous conforte dans nos certitudes, nous devons selon l’agent immobilier porter directement notre dossier amoureusement concocté à l’agence, située à quelques centaines de mètres mais fermant dans 15 minutes. Nous sommes informés qu’aucun autre dossier n’a été encore déposé mais en sortant de l’immeuble, nous croisons un autre couple mais très laid, eux, qui s’apprête à visiter NOTRE appartement. Je retiens
la Femme de leur crever les yeux de ses ongles aiguisés sur mon dos et c’est un pas leste que nous nous dirigeons vers l’agence.
Une fois arrivé commence le long examen des très nombreuses pièces de notre dossier dans un silence de cathédrale seulement interrompu par quelques tapotements sur une calculatrice et les gouttes de transpiration tombant de mon front. J’avais bien donné comme consigne à
la Femme de garder sa meilleure
poker face, mais elle ne pouvait s’empêcher d’afficher un sourire béat.
« Et bien ça me semble très bien tout ça. Maintenant pour le réserver, il vous faut donner un chèque pour régler la moitié des frais d’agence ».
Comme dans un film, nous nous tournons l’un vers l’autre et nous écrions en chœur :
« Tu as ton chéquier ? Moi non ».
Nom de Zeus. Heureusement, l’appartement de
la Femme n’est qu’à quelques rues d’ici, mais l’agence est sur le point de fermer et le vilain couple peut montrer le bout de son vilain nez à tout moment. Au mépris de toute règle et dignité, nous nous élançons donc à travers les avenues très encombrées. L’aller-retour se fera en un éclair, nous laissant juste le temps d’échafauder les pires théories, de manquer nous faire renverser 10 fois par des scooters, et disons-le tout net, de flipper comme des tarés.
« Jamais on l’aura. »
« Mais si. »
« Jamais on l’aura. »
« Mais si. »
A nouveau devant l’agence, complètement essoufflés, nous les voyons à travers la vitrine légèrement embuée. Le vilain couple est là, plus affreux que jamais. Mais rien n’est joué encore, ils en sont toujours au stade de l’examen du dossier et c’est avec un sourire crispé qu’ils nous voient entrer.
Le temps de remplir et de signer le chèque et nous avons officiellement déposé le premier dossier complet. Celui-ci sera inspecté par le propriétaire et nous devrions avoir une réponse le lendemain.
Après une nuit où nous aurons beaucoup de mal à nous endormir et une matinée où je fais semblant de travailler, mon téléphone sonne. C’est l’agence. Notre dossier a été accepté. Nous l’avons. Joie.
Il ne reste plus maintenant qu’à attendre deux longs mois avant de pouvoir emménager et nous sommes pressés et enthousiastes comme des enfants la veille de Noël. Une nouvelle vie va commencer, la nôtre. Voilà, pour une fois je finirai sur une note romantique plutôt que sur une blague pourrie, vous m’excuserez.