Mais qui est-il ?

Mon contact à Washington me dit qu’on n’a pas affaire à un élève mais qu’on a affaire au professeur. Quand l’armée monte une opération qui ne doit pas échouer, c’est à lui qu’ils font appel pour entraîner les troupes, d’accord ? C’est le genre de type qui boirait un bidon d’essence pour pouvoir pisser sur ton feu de camp. Ce mec-là, tu le largues au Pôle Nord, sur la banquise avec un slip de bain pour tout vêtement, sans une brosse à dent, et demain matin tu le vois débarquer au bord de ta piscine avec un sourire jusqu’aux oreilles et les poches bourrées de pesos. Ce type-là est un professionnel.

Amis

Achiméo
Gauthier
7h48
Grenouille
Chipolata
La Rouquine
Maliki
Parking sur cour
Raphy Superstar
Dragueurs à la noix

Articles récents

Janus Horribilis
Ce qui fait quand même 1,5€
Crêpe aux marrons et pièce montée
Tétons flingués
Antonia
Tête de nœud marin
On gigote le haut, on agite le bas.
Tenga, une fille
Plaques on blondes
Fuite en navrant

Archives

juillet 2007
août 2007
septembre 2007
octobre 2007
novembre 2007
janvier 2008
février 2008
mars 2008
août 2008
septembre 2008
avril 2009
juin 2009



jeudi 11 juin 2009

Coach culotté

Le piège de la musculation, toi qui ne sais pas parce que tu es un maigrichon risible avec des bras de poulet qui a des bras ou toi qui t’en fous parce que tu t’appelles Vin Diesel (salut ! ), c’est de se faire mal au dos. Parce que c’est bien beau de soulever de la fonte comme un foufou pendant deux heures, mais si tu as deux mois de convalescence derrière pour soigner ta colonne vertébrale en forme de Z, il ne faut pas être pressé de troquer sa crème Danette abdominale pour des plaquettes de Poulain. Alors j’ai fait comme la Femme, j’ai demandé l’aide d’un coach pour me guider parmi les instruments de torture divers et variés de ma salle de gym préféré.

Quelques minutes avant mon rendez-vous, j’étais inquiet et partagé entre deux sentiments. Opposés évidemment. D’un côté j’espérais secrètement qu’en me voyant m’avancer vers lui au ralenti à travers la salle avec la musique des Chariots de feu en fond sonore, un léger courant d’air balayant mes cheveux, il se lèverait de son tabouret et commencerait doucement à applaudir, la lèvre inférieure remontée et l’œil admiratif, avant de me parler avec déférence « excusez-moi, mais là vous êtes au dessus de mes compétences. Par contre, décalez-vous un peu pour ne pas être dans le champ de vision des gras du bide qui pédalent, j’en vois quelques uns qui sanglotent ». De l’autre, j’avais peur que notre premier contact visuel se résume à un éclat de rire suivi d’un « hey mais bouboule, mon boulot c’est coach sportif moi, je suis pas Sylvain Mirouf le magicien ni à la recherche d’un mannequin pour chips à la choucroute, qu’est-ce que tu veux qu’on fasse de toi ? Tu as 10 ans devant toi, au moins ? Hey Roger, viens voir l’engin qui me tombe du ciel, tu vas rire », tout en me tâtant les poignées d’amour du bout du pied.

En fait, rien de tout ça.

Par contre, il m’a tellement bien soigné au niveau de la liste des exercices à effectuer que je me demande si la seconde théorie n’est pas la plus réaliste. Le maître mot selon lui pour ne pas se faire mal donc, c’est « dos droit et pas trop de poids ». « Tu vois le mec là, avec les auréoles ? Il se pète le dos en faisant comme ça, c’est juste n’importe quoi, il veut faire le malin en chargeant trop la mule et demain il va pleurer sa mère en se levant ». Ce qui était un peu gênant, parce que ledit mec était à 30 cm de nous, qu’il avait parfaitement entendu et qu’il nous regardait d’un air dépité et le muscle tremblant. « Et celui-là, avec les auréoles, tu vois comment il fait ? Ben tu feras le contraire, lui c’est nul. Par contre, ce type avec les auréoles, là bas, au fond, lui il ne se fait pas mal. Mais il ne ferait rien, ça serait pareil, cette machine elle ne sert à rien, j’aime pas ».

Au final, je me retrouve avec un programme de deux heures de musculation à reproduire deux fois dans la semaine. Sans compter le cardio. Et les abdominaux (« pas besoin de machine pour ça, tu prends un tapis et plus t’en fais, mieux c’est, tu me fais six séries à chaque fois ». Six séries de combien ? « tu termines une série quand tu es mort » Ah ok). Et je les espace de combien, mes séances du muscu ? « De quatre jours pour laisser reposer le muscle ». Deux séances par semaine espacées de quatre jours ? » Dis-je avec un sourire en coin. Mais la finesse est passée inaperçue.

Notre échange s’est terminé par une déclaration d’amitié virile de sa part, me jurant qu’il serait toujours là pour moi si j’avais besoin de lui et qu’il ne fallait pas hésiter à venir le voir, mais vraiment pas, que ce soit demain ou dans un an. J’ai eu peur qu’il veuille ensuite faire un pacte de sang à la vie à la mort, mais les effusions se sont heureusement arrêtées là.

Et bien y’a plus qu’à, maintenant.

- Posté à 16:52 -
2 Commentaire(s)

Permalien