Il y avait plein de jeux de mots plus désopilants les uns que les autres qui me venaient à l’esprit pour le titre, mais j’ai opté pour celui-ci car il était le seul qui ne soit pas à caractère ni sodomite, ni scatologique. Ces bases étant posées, passons au cœur du sujet.
Dans la vie, j’ai deux passions. Les bagnoles et l’écologie. Et ouais, ça aurait pu être les bagnoles, le décapsulage de bière et le foot ou l’écologie, le macramé et la guitare autour d’un feu en chantant Kumbaya pour que ce soit un peu homogène mais non, c’était trop facile, moi c’est les bagnoles et l’écologie. Attention, pas de la citadine toute neuve qui émet autant de CO2 que papy qui ronfle, non, de l’ancienne à carbu double corps, qui roule au super plombé et qui fait trembler les vitres à l’accélération. Et pas non plus de l’écologie de bonne conscience, genre tu tries tes déchets une fois sur deux depuis que tu as vu Home et tu tires la chasse seulement quand tu fais caca pour économiser l’eau, non, moi ça régit un peu ma vie en fait.
Et il arrive un moment où tu te retrouves face à tes contradictions quand tu te rends compte que le bolide que tu héberges dans ton garage ne te sert qu’à aller faire des tours sans but le week-end. En bref, que tu n’en as pas besoin. Alors, Chevrolet Impala de 1964 ou ourson blanc sur la banquise ? V8 350ci ou réchauffement climatique ? Coupons court à ce suspense insoutenable : je me suis donc séparé de ma voiture de sport de prestige qui tuait deux bébés marguerites de l’Amazonie à chaque coup de gaz. Je craignais que les vapeurs d’essence et les flexions brutales de la cheville droite me manquent cruellement de la même façon qu’une bavette d’aloyau sauce échalote et câpres après que je sois devenu végétarien. Mais non, dans un cas comme dans l’autre, pas l’ombre d’un regret, je me sens juste bien parce que je suis en accord avec moi-même. C’est pas beau ça ? Si.
Sauf que d’un coup, je me suis retrouvé sans grand-chose à faire à la fois de mon temps et de mon argent. Parce que question money pit, la bagnole à Paris, c’est un peu un trou sans fond. Et après une balade en Seine-et-Marne le coude à la portière, les bouchons de l’A4 occupent bien ton dimanche soir.
L’idée m’est venue un beau matin au réveil, alors que j’escaladais par curiosité mon pèse-personne avant d’aller faire pipi dans la douche et que je découvrais un nombre presque à trois chiffres. Tiens, et si tu te remettais au sport et que tu disais non aux chips Lays à l’oignon et aux Pringles paprika avec 25% supplémentaires gratuits, mon gros ? J’ai donc lancé l’opération au nom de code Beau Gosse il y a quelques semaines. Objectif : ressembler à Hugh Jackman dans Wolverine sans les rouflaquettes et les tringles à rideau sur les mains. Du coup, j’ai arrêté de bâfrer des frites mayo à la cantine le midi et j’ai exhumé ma carte d’abonnement au club sportif du coin de la rue et voilà presque un mois que j’y vais tous les jours. Et vous voulez savoir ? J’ai déjà perdu pas loin de 5 kg, je dors comme un bébé la nuit et, ce qui tombe bien vu que je commence à perdre mes pantalons, ma libido a explosé. Une histoire d’endorphines paraît-il, comme me l’expliquait la femme entre deux orgasmes mais je n’ai pas tout compris, elle hoquette plus qu’elle ne parle dans ces moments-là, la pauvre petite. Et histoire de décorer un peu ce nouveau corps d’athlète avec ce gras qui disparaît et ces muscles qui poussent de tous les côtés et dont je ne connais même pas le nom, j’ai rendez-vous en septembre pour me faire tatouer, ça ira bien avec les piercings.